Un design digressif

Journée d’étude de l’Unité de Recherche
Design et création de l’ESAD Saint-Étienne

Un design digressif ? Illustration

20 novembre 2018 (s.47)
Auditorium de la Cité du design


— Argument
— Programme
— Notices bio-bibliographiques
Renseignements : digressive2018@esadse.fr

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Un design digressif ?


On observe que, sans pour autant renier le champ où la pratique a vu le jour, et encouragés par les nécessités des mutations sociales, techniques ou politiques, un nombre croissant de designers et de jeunes chercheu·ses·rs en design se projettent sur des terrains où la forme plastique, telle qu'elle a constitué le fonds des premières générations, n'est plus pleinement opérante ou pertinente, ni forcément requise. C'est le cas notamment dans le champ du design social, dans certaines formes de design militant - par exemple autour des questions de genre, de l'anti-racisme, de l'anti-spécisme, de l'écologie, de la condition des réfugiés, de la citoyenneté, de la critique des dérives de la finance et du néo-libéralisme ; dans le design des politiques publiques et des instances de représentation, dans le design numérique... Cette extension tous azimuts des limites du domaine de compétence et de performance du designer a une incidence i) sur les médiums et outils mobilisés par ce nouveau type de designers ; ii) sur les conditions d'acquisition de la compétence elle-même et sur le design comme « discipline » ; iii) sur le niveau de reconnaissance du design comme pratique experte ; iv) sur la manière qu'ont les designers eux-mêmes de se représenter leur pouvoir de transformer le monde et sur l'ambition dévolue à la pratique du design ; v) incidence enfin sur l'existence même du design comme domaine, dont on peut se demander aujourd'hui s'il a encore des limites. De ce constat dérive une série de questions que la journée d'étude de l'UR Design et création de l'ESAD Saint-Étienne se propose d'examiner :
      Que devient l'horizon d'un monde plus habitable quand s'effacent le souci plastique et le recours au sensible ? Que devient la·le designer quand elle·il est privé·e de son expertise en matière de forme ou quand son activité aboutit à d'autres types de formes ? Peut-on faire l'hypothèse d'un déplacement de la création du champ de l'art vers un ou d'autre·s champ·s (technologie, innovation sociale, écologie, économie, politique, etc.) ? Ce déplacement condamne-t-il le designer à l'errance ? Pour les designers, la création artistique doit-elle être tenue pour le modèle (unique) à partir duquel interroger les autres formes (politiques, éthiques, sociales, techniques, etc.) ou doit-elle simplement figurer parmi les autres et au même titre qu'elles ? Et par suite, en tant qu'elle favorise en premier lieu la forme, l'école d'art incarne-t-elle encore un lieu fécond où peuvent s'imaginer pour le design les pratiques de création de demain ? L'école d'art favorise-t-elle ces extensions du domaine du design ou les empêche-t-elle ? Devons-nous inventer une école de design où le politiste, le philosophe, l'ethnologue, le linguiste, l'ingénieur, le médecin, etc., occuperaient une place aussi légitime que celle du sculpteur, du peintre et de l'historien de l'art ?
L'Unité de recherche Design et Création de l'ESADSE est soutenue par le Ministère de la culture

Programme


10.00         Accueil des publics et des participants
 
10.20         Introduction et présentation de DDR Contexte par Jérémie Nuel
 
10.30         Session 1 : (in-)Discipline de la forme / Discipline de l'in-forme (Marc Monjou, Nadine Botha, David Énon, Daria Ayvazova).
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11.45         Session 2 : Les formes du politique / Design du contrôle (Tiphaine Kazi-Tani et Manola Antonioli, Esther Bouquet, Camille Lamy).
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14.30         Session 3 : Configurer (Kader Mokaddem, Jean-Claude Paillasson, Alexandra Caunes, Diane Lentin, Emmanuelle Vernin et Elizabeth Hale).
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16.00         Session 4 : Langages et formes codées : une « digression exploratoire » (David-Olivier Lartigaud, Jérémie Nuel, Damien Baïs et Dominique Cunin).
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18.00          Présentation de la 4e Biennale Design d'Istanbul 2018 (A school of schools), par Nadine Botha
 
19.00         Unbewitch Finance Lab / Désorceler la finance. Tirage de cartes par Camille Lamy et Fabrice Sabatier.

Session 1

(In)discipline de la forme / Discipline de l'in-forme ?
Marc Monjou, Nadine Botha, David Énon et Daria Ayvazova
 
Si les accointances, les correspondances et les croisements entre pratiques artistiques et design ont été féconds au XXe siècle, qu'en est-il aujourd'hui ? Quels sont les niveaux de compatibilité entre les préoccupations des designers contemporains et l'état de l'art d'aujourd'hui ? Peut-on faire l'hypothèse d'un déplacement de la création du champ de l'art vers un ou d'autre·s champ·s (technologie, innovation sociale, écologie, économie, politique, etc.) ? Ce déplacement condamne-t-il la·le designer à l'errance ? Pour les designers, la création artistique doit-elle être tenue pour le modèle (unique) à partir duquel interroger les autres formes (politiques, éthiques, sociales, techniques, etc.) ou doit-elle simplement figurer parmi les autres et au même titre qu'elles ? Et conséquemment : en tant qu'elle favorise en premier lieu la forme, l'école d'art incarne-t-elle encore un lieu fécond où peuvent s'imaginer pour le design les pratiques de création de demain ? Favorise-t-elle les extensions du domaine du design ou les empêche-t-elle ? Devons-nous inventer une école de design ou les formes politiques, écologiques, technologiques, etc. le disputeraient à la forme plastique, et où le politiste, le philosophe, l'ethnologue, le linguiste, l'ingénieur, le médecin, etc., occuperaient une place aussi légitime que celle du sculpteur, du peintre et de l'historien de l'art ?

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Session 2 :

Les formes du politique / Design du contrôle
Tiphaine Kazi-Tani, Manola Antonioli, Esther Bouquet et Camille Lamy
 
Engagé dans le maintien voire l'amélioration de l'habitabilité du monde, le design est pris, par réduction, dans l'élaboration des conditions contemporaines d'existence dans les sociétés industrielles. En tant qu'effet de l'industrialisation, le design agit sur l'habitat, la mobilité, les identités, l'intelligibilité, les capacités, les représentations, l'imaginaire collectif, les "littératies techniques", etc. Il est en prise directe avec la dimension politique de nos existences, comme ont pu en témoigner les travaux de très nombreux designers, de William Morris à Jerszy Seymour, de Jean Carlu à Mahmoud Keshavarz. Or, avec l'avènement de la cybernétique et de la théorie des systèmes, le design, opérant alors autant comme une instance de conception que comme une instance de formalisation, agit de plus en plus dans le champ imperceptible des organisations. Étendant ses prérogatives au-delà du monde des objets, le design donne désormais forme aux politiques locales, à l'action civique, à l'organisation des entreprises, à l'économie de plateformes, à l'administration policière et militaire de la cité. Qu'il s'agisse des recherches du Stanford Persuasive Technology Lab, qui visent à faire du design des outils numériques un moyen de persuasion invisible des usagers, des projets menés par la 27e Région, qui utilise le design comme outil de conception de politiques locales, des recherches de l'architecte Andres Jaque, qui observe les usages policiers et/ou dissidents des "applis" de rencontres, nombreuses et nébuleuses sont les manifestations diffuses d'un design du contrôle comme de ses vacuoles de résistances, qu'il s'agira d'identifier, de décrire et de mettre en perspective.
 
Références :
M. Antonioli (dir.), 2013. Machines de guerre urbaines. Paris : Loco ; Dijon : Ecole nationale supérieure d'art de Dijon ; Versailles : La Maréchalerie.
G. Deleuze, 1993. Post-Scriptum sur les sociétés de contrôle. In Pourparlers, Paris : Minuit.
M. Keshavarz, 2016. Design-Politics: An Inquiry into Passports, Camps and Borders, thèse de doctorat, université de Malmö.
Metahaven, 2016. Black Transparency - The Right to Know in the Age of MassSurveillance. Berlin : Steinberg Press.
Modes of Criticism, vol.1, n°2.
R. Pater, 2016. The Politics of Design. Amsterdam : BIS Publishers.
N. Wiener, 1952. Cybernétique et société. L'usage humain des êtres humains. Paris : 10/18.

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Session 3 : Configurer

Équipe IRD
Kader Mokaddem, Jean-Claude Paillasson, Alexandra Caunes, Diane Lentin, Emmanuelle Vernin, Elizabeth Hale
 
Le design est en passe de devenir une formulation discursive particulière appuyant de plus en plus sa production sur une construction conceptuelle hétérogène. La question de la construction théorique du design n'est pas anodine. Elle correspond à un tournant de la fonction du designer dans l'espace social et elle nécessite un appareillage idéologique qui déborde les cadres habituels et traditionnels du design. La question de la forme change de nature dès lors qu'il s'agit de produire une conception effective du monde matériel. Cela suppose, on le pressent bien, que la question du design comme instrument d'une conception du monde renvoie à un processus de théorisation abstraite. Dès lors il paraît nécessaire au design de s'éloigner des pratiques de représentation matérielle par le sensible dont l'image fait partie au profit d'une série d'énonciations discursives : le mode d'emploi théorique, l'enquête, la scénarisation, l'argumentation...
         Le mot design est alors réduit au sens anglo-saxon de « concevoir » et donne au mot « projet » une teneur programmatique. Ces procédures donnent une configuration particulière aux domaines du design, qui ne s'occupe plus simplement de produire des formes matérielles sensibles mais de produire un ensemble d'énoncés sur le monde. Comme si le design reprenait à son compte une vieille tension de la pensée - celle de vouloir faire système. Ces formulations discursives paraissent tenir en retrait la question de l'image au profit du langage. Le design se formule plus qu'il ne donne forme. Tim Ingold articule cette compréhension à une réactualisation de la distinction entre le faire et le penser.
         La session 'Configurer' souhaite interroger cette évolution en fonction de certaines pratiques d'images où la construction de représentations « configure » un type de relation au monde de l'ordre, non de l'énoncé ou de la formulation mais de l'ordre de la proposition. Le design actuel semble plus se préoccuper de formuler que de produire des propositions. Il ne cherche plus à constituer des formes paradigmatiques singulières dans l'épreuve de la pratique mais bien plutôt à sortir de son cadre en le légitimant à la manière d'une image rémanente par la persistance de certains de ses enjeux qui ne sont plus au coeur de sa pratique. En arrière-plan se jouerait le thème de la configuration imaginaire du design comme forme idéologique de résolution des problèmes.
         Philosophiquement cela peut se traduire en termes de quiddité et d'eccéité : le design actuel semble abandonner l'eccéité (le fait qu'une chose se détermine par sa situation et ses modalités d'existence) au profit de la question de la spécificité essentielle (la quiddité) par un travail plus formaliste sur la nature de ce qu'il raconte. Derrière cette question se trame un ensemble de problèmes : celui du standard et du modèle, de la représentation générique, des modes de production, etc. Ces questions, peut-être faut-il prendre un biais pour les ressaisir. La question de l'image photographique peut servir à penser ce rapport entre quiddité et eccéité - l'image photographique « individue ». Il s'agit d'envisager comment les pratiques photographiques documentaires élaborent une représentation configurée du monde par un retour à l'individuation.
 
Références :
Tim Ingold - Faire Anthropologie, archéologie et architecture
Rudolf Arnheim - La pensée visuelle
Vilhem Flusser - Petite philosophie du design / Les gestes
Jacques Derrida - Penser à ne pas voir, Écrits sur les arts du visible, 1979-2004

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Session 4 : Langages et formes codées : une « digression exploratoire »
Équipe : Random(lab)
David-Olivier Lartigaud, Jérémie Nuel, Damien Baïs, Dominique Cunin.
 
L'argument de la journée d'étude fait l'hypothèse d'un design « digressif ». Notamment, la question se pose de savoir si le déplacement du design vers des champs auxquels il n'était pas rattaché auparavant (politique, éthique, société, technique, etc.) ne condamne pas le « designer à l'errance ». Cette « errance du designer » fait très pertinemment écho à la condition du designer « numérique », condamné à arpenter un territoire plus vaste et complexe de jour en jour. L'image peut paraître inquiétante voire décourageante pour un.e jeune designer ; mais ce serait mal interpréter cette attitude nomade, inscrite au coeur des pratiques numériques. En effet, pour la·le designer numérique, s'avancer en terrain connu est forcément révélateur d'un problème : s'il suit le chemin menant à une clairière déjà défrichée, il est très probable qu'il n'y trouvera plus rien à découvrir. Il pourra peut-être s'y installer pour un temps, mais pas y rester au risque de s'y enliser.
         La·le designer numérique est sommé de quitter en permanence sa « zone de confort » s'il veut rejoindre le flux de la création numérique. C'est une situation qui peut sembler frustrante, car abandonner son « confort » c'est aussi renoncer, bien souvent, à une expertise, à un « savoir-faire » acquis au prix de nombreux efforts (par exemple une manière singulière de concevoir et coder avec sa machine...).
         La·le designer numérique doit, à de multiples périodes de sa carrière, accepter la situation de ne plus savoir « rien faire » tout en devant, malgré tout, produire et créer. Mais cet état quasi permanent de remise en question et d'ivresse de nouveaux horizons annule, en somme, l'injonction à digresser - au sein d'une zone floue que l'on désigne comme numérique - « l'errance et la digression » n'étant plus des contraintes mais une méthode de création. La·le designer numérique ne construit pas de forteresse dans la parcelle qu'il a défrichée. Il en fait un bac à sable pour ceux qui le suivront puis il poursuit sa route ailleurs.
         L'hypothèse d'une « digression exploratoire » inhérente au design numérique sera donc le moteur de la réflexion partagée avec l'intervenant convié par le Random(lab).

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DDR Contexte. Collecter, indexer, publier : dispositif de documentation pour la recherche.
DDR Contexte est un dispositif numérique de transcription et d'archivage en temps réel du discours produit lors d'événements collectifs impliquant le travail des chercheurs (séminaires, colloques, journées d'étude).
         Le dispositif est construit autour d'une chaîne éditoriale et l'ensemble du système est organisé sur le modèle d'un jeu de rôles : un éditeur contrôle une équipe composée de transcripteurs, correcteurs, iconographes, etc. Chaque rôle correspondant à une tâche précise comme la prise de note ou la gestion des images. La première partie de la chaîne, la transcription, est organisée en sessions et chapitres, où la mise en commun de fragments de texte corrigés, enrichis, annotés et triés construit un corpus cohérent. Une sélection de ce corpus est ensuite extraite et exportée dans un espace dédié à la publication, un jeu d'outils est alors disponible pour réorganiser les textes, les compléter et les mettre en page pour produire un fichier imprimable.
         Le prototype présenté et utilisé lors de la journée d'étude du 20 novembre est expérimental et en phase d'élaboration ; il évolue à chaque phase de test. DDR Contexte est développé à l'ESADSE par le Random(lab).

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Notices bio-bibliographiques


Daria AYVAZOVA
 est étudiante-chercheuse au Cycle Design Recherche de l'ESAD Saint-Étienne et doctorante à l'Université Jean Monnet (CIEREC). Elle est diplômée de l'ESAD Saint-Étienne en Design d'objet. Sa recherche interroge la responsabilité et l'engagement des designers, et la façon dont leur pratique s'adapte aux défis sociétaux. Daria Ayvazova est actuellement attachée d'enseignement et de recherche à l'Université de Strasbourg.
 
Manola ANTONIOLI est philosophe, professeur à l'ESAD Valenciennes ainsi qu'à l'École nationale supérieure d'architecture de Versailles et chercheuse associée au Centre de recherche sur l'art, la philosophie et l'esthétique (EA 3459) du département de philosophie de l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Elle a soutenu sa thèse à l'EHESS sous la direction de Jacques Derrida. Elle a été responsable de séminaire au Collège international de philosophie de 1997 à 2010. Ses recherches portent essentiellement sur l'étude des intersections entre esthétique, architecture, urbanisme, écologie politique et philosophie contemporaine (post-structuralisme, déconstruction), dans le contexte globalisé des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Ses recherches se situent dans une perspective transdisciplinaire qui vise à articuler des approches de la question spatiale et des éléments de réflexion qui proviennent de la philosophie (Deleuze, Guattari, Derrida, Blanchot), de la sociologie (E. Morin, Z. Bauman, B. Latour), de l'urbanisme et des écrits des architectes et urbanistes. Manola Antonioli est l'auteure de nombreux ouvrages : Écriture de Maurice Blanchot. Fiction et théorie, Paris, Éditions Kimé, 1999. Deleuze et l'histoire de la philosophie, Paris, Éditions Kimé, 1999. Géophilosophie de Deleuze et Guattari, Paris, L'Harmattan, 2004. Gilles Deleuze, Félix Guattari et le politique (dir. avec Pierre-Antoine Chardel et Hervé Regnauld), Paris, Éditions du Sandre, 2006. Abécédaire de Jacques Derrida (dir.), Mons ; Paris, Éditions Sils Maria, Vrin, 2007. Gilles Deleuze et Félix Guattari : une rencontre dans l'après mai 68, (dir. avec Frédéric Astier et Olivier Fressard), Paris, L'Harmattan, 2009.
 
Damien BAÏS. Ancien élève du Post-diplôme Design et Recherche de l'ESADSE où il a développé un travail sur le jeu vidéo, le gameplay et la programmation dans le design graphique, Damien Baïs est l'auteur de nombreux jeux vidéos tels SuperLevelTypo, Hide & Seek, TradeWar et NORD-OUEST. Co-fondateur de ".CORP" (atelier de création visuelle - www.corp-lab.com) il développe au sein de ce collectif des projets mêlant programmation, design et art. Depuis 2010, il enseigne la programmation à l'ESADSE (notamment Processing/Arduino). Il est membre du Random(lab).
 
Nadine BOTHA est une artiste sud-africaine basée à Rotterdam, dont le travail revêt plusieurs formes : recherche, écriture, édition, réalisation d'expositions, et qui explore comment les systèmes sociaux, politiques, juridiques, économiques et culturels, souvent invisibles, donnent forme à nos objets, nos corps, notre technologie, nos maisons, nos villes, à nos expériences. The Politics of Shit est un projet de recherche artistique auto-initié qui a émergé du projet de Master qu'elle a mené à la Design Academy d'Eindhoven, projet récompensé par le Gijs Bakker Award. Initié au Cap (Afrique du sud), Politics of Shit s'étend maintenant au cinéma, au monde universitaire et aux médias. Nadine Botha est également commissaire adjointe de la 4e Biennale du design d'Istanbul 2018, rédacteur en chef du magazine DAMN et enseignante à la Design Academy d'Eindhoven. Elle est la fondatrice de deSIGNIFY, agence de conseil en art, design, et médias. //nadinebotha.com
 
Esther BOUQUET. Diplomée de l'ENSAAMA Olivier de Serres et du LAAB à Rennes (en design graphique), Esther Bouquet prépare actuellement un DNSEP dans l'option médias de l'ESADSE, orienté sur les pratiques numériques contemporaines. Son travail concerne la question des conflits politiques, les questions du contrôle et de la surveillance numérique. https://estherbouquet.com

Dominique CUNIN
Artiste, docteur en Esthétique, Sciences et Technologie des Arts (Paris 8), chercheur dans le laboratoire de recherche de l'École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris (EnsadLab), et enseignant à l'ESAD Valence en Design graphique, spécialisé dans la mise en oeuvre des médias numériques et des écrans mobiles. Son travail artistique concerne les possibilités de représentation et d'appréhension de l'espace et du bâti au travers des technologies numériques de l'image. Ses recherches interrogent les modalités de mise en oeuvre de la programmation informatique et les différentes formes que peuvent prendre les langages de programmation pour les arts et le design.

David ÉNON est designer indépendant, professeur dans l'option design d'espace de l'École supérieure des beaux-arts d'Angers (ESBA TALM). Il est Diplômé de l'École Nationale Supérieure de Création Industrielle de Paris (Ensci/Les Ateliers) en 1999. Il navigue entre enseignement, projets de commande (scénographies d'expositions, création de mobilier pour l'industrie, aménagements et conseil) et recherche (il travaille actuellement à la production de mobilier en récifs artificiels avec les fonds marins comme usine nouvelle). David Énon est édité par la Tools Galerie (Paris) et la Galerie MICA (Rennes). Il a reçu une allocation de recherche du Centre national des arts plastiques (Cnap) en 2012 pour le projet "Mineral Accretion Furniture". Il fait partie de la collection du Fonds national d'art contemporain (Fnac) depuis 2011. http://david.enon.free.fr
 
Elizabeth HALE. Diplômée de l'ESBA TALM, Elizabeth Hale est designer-chercheuse au CyDRe (ESADSE) où elle poursuit sa recherche critique sur les relations qu'entretiennent design et engagement citoyen. Elle a consacré une partie de son travail à la jungle de Calais et développe aujourd'hui l'hypothèse d'un « docu-design » qui, après la fiction, l'action et la bifurcation, pourrait permettre de considérer le rôle du designer au travers de sa capacité à documenter une réalité. La·le designer pourrait-elle·il être un·e désigneu·se·r, chargé·e de désigner un contexte voire d'en faire un témoignage matériel et maniable ? De le produire comme on produit une preuve ?
 
Tiphaine KAZI-TANI est designer-chercheur·e associé·e au CoDesign Lab de Telecom ParisTech et à la Cité du Design de Saint-Étienne, son travail porte sur des manières mineures ou minoritaires de faire du design, en lien avec des subjectivités politiques dissidentes, marginales (queer, trans*, et généralement en tension avec les cadres perçus de la normalité). Associé.e au commissariat de la Biennale Internationale de Design en 2017, ielle y a également présenté une recherche immersive sur le collectif Gynepunk, qui a fait l'objet d'un design spécifique dirigé par la plasticienne-designer Hélène Mourrier. Depuis 2017, Tiphaine Kazi-Tani enseigne également à l'ESADSE, où elle est responsable du Diplôme supérieur de recherche en design.
 
Camille LAMY est chercheuse au Cycle Design Recherche de l'ESAD Saint-Étienne (CyDRe). Son travail porte sur les différentes formes et outils de rassemblement, d'occupation et de revendication dans l'espace public et sur le web, à travers le statut du designer-citoyen et du citoyen-designer. Elle situe sa pratique au croisement du design d'espace, de la performance et des nouveaux médias. Elle s'empare des mutations contemporaines des pratiques contestataires et des modes de rassemblements,  pour en révéler les écritures simultanées sur les deux espaces publics investis par les luttes, l'un « réel », l'autre virtuel. Elle rejoint le Laboratoire Sauvage Désorceler La Finance en 2017 pour le projet du Rituel de désenvoûtement de la finance. Parallèlement elle est co-auteur de l'exposition La Gueule de l'emploi pour la 10e Biennale Internationale de Design de Saint-Étienne. Camille Lamy est aussi co-fondatrice du laboratoire de recherche sauvage Le Grand Écart, sur le design des instances de représentation politique et citoyenne.
https://desorcelerlafinance.org/project/camille-lamy/
 
David-Olivier LARTIGAUD est professeur spécialisé en théorie et pratiques numériques à l'ESAD Saint-Étienne et à l'ENSBA Lyon. Il est responsable de l'Unité de Recherche numérique art et design commune à ces deux écoles. (Random(lab) Labo NRV). En 2015, il a été co-commissaire avec Samuel Vermeil de l'exposition « A-T-T-E-N-T-I-O-N » à la Biennale Internationale Design Saint-Étienne et co-commissaire en 2013 avec François Brument de l'exposition « Singularité » pour cette même biennale. Il a dirigé l'ouvrage ART  paru aux éditions HYX (Orléans) en 2011 et Objectiver (éditions Cité du Design-ESADSE) en 2017. Il est docteur en Art et Sciences de l'Art (Esthétique) de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
 
Diane LENTIN est photographe et vidéaste, diplômée de l'Ecole d'art et de design de Saint-Etienne en 2015. Elle a réalisé séries photographiques et films documentaires en Turquie, en Arménie et au Liban, ou, plus récemment, en Russie. À partir des
lieux qu'elle traverse, souvent espaces d'instabilité, points de passage ou de transition, Diane Lentin questionner par l'image notre rapport au monde : comment occuper des espaces aux natures si complexes ? Comment les habiter, comment comprendre le basculement à l'oeuvre et agir sur lui pour ne pas se laisser condamner - tels des personnages de Samuel Beckett - à l'éternelle répétition ?
 
Kader MOKADDEM est professeur de philosophie et esthétique à l'ESADSE. Il est responsable de l'équipe Images_récits_Documents (IRD) au sein de l'Unité de recherche de l'établissement où il développe plus spécifiquement l'axe Documenter, fictionner un territoire sur lequel il travaille au sein du Studio Expériences sensibles et recherche urbaine du LabEx Intelligences des Mondes urbains. Il est également chercheur associé au Centre Max Weber Equipe 4 Cultures publiques.
https://cv.archives-ouvertes.fr/kader-mokaddem
 
Marc MONJOU. Théoricien du design, Marc Monjou est responsable de la recherche à l'École supérieure d'art et design de Saint-Étienne, où il dirige la revue Azimuts depuis 2011 et co-dirige le Cycle Design Recherche (CyDRe). Il a publié de nombreux articles et a été co-commissaire des expositions C'est pas mon genre ! (Francfort, 2013) et Tu nais, tuning, tu meurs (Saint-Étienne, 2015). Ses travaux actuels discutent les conditions d'acceptabilité d'un champ de recherches non-scientifiques, dont le design pourrait être la figure de proue. www.marcmonjou.fr
 
Jérémie NUEL est designer graphique, enseignant en pratique numérique à l'École supérieure d'art et de design de Saint-Étienne et chercheur au laboratoire Random(lab). Il s'intéresse plus particulièrement aux dispositifs qui exposent le mode d'existence des informations. En 2016 et 2017, il a collaboré à des projets artistiques, éditoriaux, et à des séminaires : Undershoot (résidences de création, Nouvelle Aquitaine) et Stream a river (résidence de recherche, Canada) avec Cindy Coutant ; Elif : Résistance électronique, stratégie éditoriale et cyber-féminisme, séminaire, ENBA Lyon et l'ESAD St-Étienne. http://www.jeremienuel.fr/
 
Jean-Claude PAILLASSON est graphiste. Il enseigne à l'ESADSE, est co-responsable de l'équipe Images_Récits_Documents (IRD) où il développe plus particulièrement l'axe Territoires du graphisme.
 
TOPOTROPE (Alexandra Caunes et Julio Bescós, artistes) circonscrit ses espaces d'investigation souvent en périphérie des grands pôles urbains. Par la valeur de remémoration qu'offre la théâtralité des espaces publics, il tente de la retourner ; dans l'enregistrement particulier d'indices de ville-­monde, d'objets et structures, il se propose d'être attentif à ses motifs ou traces, qui seraient en somme, ses circonstances. Matière modelée, usée, transformée. En déconstruisant les photographies qu'il capte, en les bricolant, il organise « cour et jardin » par des assemblages, des combinaisons ou couches, qui permettent de nouvelles lectures des territoires parcourus, dans une volonté d'articulation et de compréhension des lieux transités, toutefois parcellaire et subjective.
 
Emmanuelle VERNIN est artiste/photographe, son travail consiste à mener différentes campagnes photographiques à partir de territoires industriels en mutation. Depuis l'obtention de son DNSEP à l'école d'art et design et de Saint-Étienne en 2016, elle est soutenue par le laboratoire IRD et le LabEx IMU. Ces soutiens témoignent d'une volonté d'articuler une photographie dite documentaire et une recherche sensible des territoires.